Le plan Phoenix : la résilience comme réponse aux défis budgétaires
Comme de nombreuses organisations fédérales, Fedris a dû composer, au fil de ces 10 dernières années, avec des vagues d'économies successives. Moins de budget, moins de personnel, mais la même mission sociétale. En 2025, le gouvernement a demandé des efforts supplémentaires, conduisant chez Fedris à l'arrêt de toute action de remplacement de collaborateurs jusqu'en 2029. Cette situation a accentué les tensions sur le fonctionnement quotidien et sur les équipes qui en assurent la continuité.
Dans ce contexte, il ne s'agissait plus uniquement de continuer, mais de se réinventer pour durer : développer la résilience de l'organisation, définir des priorités claires, adapter les modes de travail et continuer à garantir des missions de qualité malgré des ressources plus limitées.

Le plan Phoenix apporte une réponse structurée à ce défi.
Qu'est-ce que le plan Phoenix exactement ?
Le plan Phoenix est un parcours cohérent qui donne une direction à Fedris jusqu'au moins 2029.
Il s'agit avant tout de se recentrer sur l'essentiel, en donnant la priorité aux missions qui sont au cœur de la responsabilité sociétale de l'institution. Dans un contexte contraint, cela suppose également de se serrer les coudes, en renforçant la solidarité, la coopération et l'entraide entre les équipes.
Le plan place aussi les femmes et les hommes de Fedris au centre de la démarche : préserver un personnel motivé et en bonne santé est une condition indispensable pour tenir dans la durée et continuer à offrir un service de qualité. Enfin, le plan Phoenix invite à voir cette période comme une opportunité de changement, non pas subie, mais construite collectivement, afin d'adapter l'organisation et d'améliorer les pratiques.
Le plan repose sur trois grands axes


- Focus sur les missions prioritaires
- Toutes les forces vives à bord

- Une gestion responsable et optimale des ressources et de l'infrastructure
Il regroupe 12 domaines d'action et 46 actions concrètes coconstruites avec les équipes qui poursuivent un seul objectif : rendre l'organisation plus efficace, plus agile et plus pérenne, au service des assurés sociaux et des employeurs.
Ce n'est pas une révolution, mais une approche structurée pour avancer pas à pas.
Des premiers résultats concrets en 2025 ?
Quelques exemples :
- Grâce à une campagne de sensibilisation ciblée auprès des assurés sociaux, Des indemnités supplémentaires seront désormais versées directement sur compte bancaire : un mode de paiement plus sûr, plus rapide et plus efficace que le chèque circulaire.
- Le déploiement progressif de l'envoi des courriers via l'eBox a débuté, en donnant la priorité aux volumes les plus importants et aux envois recommandés : une solution plus sécurisée, moins gourmande en main‑d'œuvre et générant une économie sur les frais de poste.
- Dans le même esprit, une nouvelle procédure a été mise en place pour l'exécution des décisions judiciaires, ayant un impact sur la charge de travail de deux services.
- Au niveau des contacts avec le public, les permanences téléphoniques et physiques ont été réorganisées afin de garder un accueil qualitatif, tout en l'adaptant aux capacités disponibles. La révision de l'organisation des rendez-vous médicaux a rendu possible la fermeture de la policlinique les vendredis.
- Parallèlement, le développement de formulaires électroniques permettra à termes d'introduire plus simplement les demandes d'indemnisation en maladies professionnelles. Enfin, un pool de collaborateurs volontaires a été constitué en interne pour venir en soutien ponctuel aux services confrontés à un surcroît temporaire de charge de travail.
Ce sont souvent de petites mesures, mais ensemble, elles produisent un effet cumulatif et contribuent concrètement à renforcer l'efficacité de l'organisation tout en préservant la continuité des missions.
Comment les collaborateurs vivent-ils ce changement ?
Une enquête interne montre que les collaborateurs comprennent pourquoi ce changement est nécessaire. La plupart se sentent bien informés et se disent prêts à réfléchir et à adapter leurs façons de travailler.

En même temps, certaines inquiétudes subsistent. Elles portent principalement sur l'impact attendu sur la charge de travail, la nécessité de disposer de cadres et d'accords clairs, ainsi que sur l'importance d'un accompagnement et d'une formation suffisants.
Ce qui motive avant tout les collaborateurs, ce sont les éléments du quotidien qui font ou défont une journée de travail : une bonne ambiance, de la reconnaissance, de l'autonomie et une communication claire. Ce sont précisément ces aspects que Fedris souhaite continuer à préserver, même lorsque la pression augmente.
S'agit-il d'un changement radical ?
Non. Le plan Phoenix ne marque pas une rupture avec le passé. Il s'inscrit dans une évolution déjà engagée. Certaines initiatives étaient déjà en cours, de nouvelles ont été ajoutées mais l'ensemble gagne désormais de plus de sens, de cohérence et de priorisation.
Face à l'urgence de s'adapter, la différence réside dans l'accent mis sur des choix plus conscients, des méthodes de travail simplifiées et une meilleure coordination.
Quelle est la suite ?
Le plan Phoenix se déploiera sur plusieurs années et sera ajusté en cours de route. Tout ne sera pas parfait immédiatement, et ce n'est pas nécessaire. L'essentiel est de maintenir le cap et de continuer à avancer, même lorsque les circonstances deviennent plus difficiles.
Le véritable enjeu consiste à trouver un équilibre durable : entre l'efficacité nécessaire de l'organisation et l'attention portée aux personnes, entre les efforts demandés et un travail qui reste soutenable au quotidien.
Si cet équilibre est préservé, Fedris pourra traverser cette période de transformation et en ressortir plus solide, plus résiliente et mieux préparée pour l'avenir.
