Nouvelles maladies professionnelles reconnues pour les travailleurs du sexe

24/02/2026

Quand un tabou cède la place à une meilleure protection sociale

Depuis le 1er décembre 2024, les travailleurs du sexe peuvent — pour la première fois dans l'histoire belge — être employés légalement via un contrat de travail. 

Mais avec cette reconnaissance est apparue une question tout aussi logique : Que se passe‑t‑il lorsqu'un travailleur du sexe tombe malade à cause… de son travail ?

La réponse est arrivée le 6 septembre 2025 :
certaines infections sexuellement transmissibles (IST) sont désormais reconnues comme maladies professionnelles.

Pour certains, une surprise ; pour d'autres, une simple évidence.
Pour Fedris, une avancée concrète en faveur d'une meilleure prévention et protection de la santé au travail.  

À qui cela s'applique‑t‑il ?

La règle est simple :

👉 Seuls les travailleurs du sexe ayant un contrat de travail peuvent bénéficier de cette reconnaissance.
👉 Leur employeur doit être légalement reconnu.

Pas de contrat = pas de reconnaissance = pas d'intervention.
Les indépendants ne sont donc pas concernés.

Pour tout savoir sur le contrat de travail spécifique :

  • SPF Emploi – Contrat de travail pour les travailleurs du sexe
  • Beswic – Informations pour les travailleurs du sexe

En résumé : les travailleurs du sexe obtiennent enfin une protection similaire à celle des autres salariés.

Quelles IST sont reconnues ?

À partir de septembre 2025, le code 1.404.06 s'enrichit de ces affections, désormais reconnues comme maladies professionnelles pour les travailleurs du sexe salariés :

  • HIV / Sida
  • Hépatite B
  • Syphilis
  • Papillomavirus humain (HPV)
  • Chlamydia
  • Gonorrhée
  • Trichomonase

Conditions pour la reconnaissance

La reconnaissance n'est pas automatique. Deux conditions doivent être remplies :

1. Confirmation médicale

La maladie doit être confirmée via des examens médicaux précis, listés dans l'arrêté royal.

2. Durée minimale de travail sous contrat

Le travailleur du sexe doit avoir travaillé un certain nombre de jours avant l'examen médical :

  • VIH/sida : 10 jours
  • Hépatite B : 28 jours
  • Syphilis : 21 jours
  • Chlamydia : 5 jours
  • Gonorrhée : 3 jours
  • Trichomonase : 4 jours

Cela permet d'établir le lien entre la maladie et l'activité professionnelle.

Une base scientifique solide. Cette reconnaissance ne repose pas sur des impressions, mais sur les avis du conseil scientifique, qui eux-mêmes se basent sur des études scientifiques récentes.

Pourquoi est‑ce important ?

Pour la première fois, on reconnaît explicitement que le travail du sexe — tout comme la santé, la construction, la chimie ou la police — comporte des risques professionnels.

Cette reconnaissance ouvre la voie à une prévention renforcée et à des actions concrètes en faveur de la santé et de la sécurité des travailleurs concernés.

Discrète dans sa forme, cette décision constitue pourtant une avancée significative pour une approche plus inclusive, préventive et respectueuse de la santé au travail de tous les travailleurs.

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