La lutte contre l’épuisement professionnel obtient une place structurelle au sein de Fedris
Un jeudi matin de mars, Sarah, infirmière aux urgences, s'assied prudemment. Elle regarde ses mains, qui tremblent depuis le réveil.
« Je sentais que quelque chose n'allait plus », dit‑elle doucement.
« Mais je ne savais pas par où commencer. »
Sarah est loin d'être un cas isolé. Sur de nombreux lieux de travail, la même histoire se répète : des personnes qui continuent à avancer jusqu'à ce que leur corps ou leur cerveau appuie sur le bouton pause. Mais que se passerait‑il s'il était possible d'intervenir plus tôt ?
C'est précisément la question au cœur du programme d'accompagnement du burn‑out de Fedris.

Du projet pilote à une mission permanente
Ces dernières années, Fedris a mené un projet pilote destiné à accompagner les travailleurs présentant des signes précoces d'épuisement professionnel. Le dispositif se voulait volontairement accessible : intervenir rapidement, travailler de manière pluridisciplinaire et tenir compte à la fois de la personne et de son contexte professionnel.
"L'évaluation du projet pilote a montré que cette approche avait des effets positifs."
Les résultats étaient clairs :
une note de satisfaction moyenne de 8/10
95 % des participants recommanderaient le trajet
une diminution des symptômes de stress, d'anxiété et de dépression
une amélioration de la qualité du sommeil
une baisse de l'usage de certains médicaments
et surtout : davantage de maintien au travail ou un retour plus rapide
Ces chiffres ont démontré l'efficacité d'un accompagnement précoce. C'est pourquoi il a été décidé de ne plus organiser la prévention du burn‑out de manière temporaire, mais de l'ancrer structurellement.
Un nouveau programme : plus large, plus long, mieux intégré
L'accompagnement du burn‑out est désormais une mission centrale de Fedris. Le nouveau programme s'appuie sur les enseignements du projet pilote, tout en étant nettement plus ambitieux.

Evolutions importantes
1. Un public beaucoup plus large
Alors que le projet pilote se limitait à deux secteurs, le programme est désormais ouvert :
à tous les travailleurs du secteur privé
aux travailleurs des administrations provinciales et locales
Toute personne ressentant les premiers signes d'épuisement peut donc y accéder.
2. Un trajet qui laisse le temps nécessaire
L'accompagnement peut désormais durer jusqu'à deux ans. Non que la guérison doive prendre autant de temps, mais parce qu'un changement durable exige du temps — pour le travailleur comme pour l'organisation.
3. Un réseau pluridisciplinaire
Le programme s'appuie sur un large réseau de professionnels : psychologues, médecins, kinésithérapeutes qui examinent ensemble la personne et son environnement de travail.
4. Une place intégrée dans la politique de prévention
La prévention du burn‑out n'est plus un projet ponctuel, mais un pilier structurel de la politique relative aux risques psychosociaux.
« La grande différence, explique un accompagnateur du réseau Fedris, réside dans le moment où nous pouvons intervenir. Les personnes ne doivent pas être en incapacité de travail pour recevoir de l'aide. Nous pouvons les accompagner alors qu'elles travaillent encore. Cela rend le parcours véritablement préventif. »
Comment se déroule le trajet ?
Le programme comprend deux phases, mais pour les participants, il ressemble surtout à un parcours qui redonne une direction à leur manière d'avancer.
La phase d'évaluation — deux entretiens pour retrouver de la clarté
En deux entretiens maximum, un accompagnateur coordonnateur examine si la personne se trouve dans une phase précoce de burn‑out. Pas de diagnostic, pas d'étiquette — mais une mise au point claire.
Pour beaucoup de travailleurs, c'est déjà un soulagement : enfin quelqu'un qui écoute, structure et cherche avec eux.
L'accompagnement — quatre modules complémentaires
Si l'avis est positif, un trajet sur mesure commence, composé de quatre modules :
Module travail (max. 8 séances) Analyse de la charge de travail, de la répartition des rôles, des attentes et des points de tension. Pas seulement parler, mais aussi examiner ce qui peut changer sur le terrain.
Module psychologique (max. 10 séances) Soutien face au stress, aux émotions, aux limites et aux stratégies de récupération.
Module corporel (max. 3 séances) Attention portée aux signaux corporels : tensions, fatigue, douleurs.
Module d'articulation travail/santé Une séance avec l'accord du travailleur : concertation avec le médecin traitant, le conseiller en prévention ou d'autres intervenants.
Deux séances de suivi clôturent le trajet pour soutenir le retour au travail.
Quelques chiffres
1116 demandes

1107 dépistages

813 prises en charge

Un investissement dans l'avenir du travail
Avec ce programme structurel, Fedris entend :
prévenir les incapacités de longue durée
soutenir les travailleurs avant qu'il ne soit trop tard
aider les organisations à mieux gérer les risques psychosociaux
contribuer à une culture de travail saine et durable
Ainsi, la prévention du burn‑out trouve une place stable dans les politiques publiques : non comme une mesure temporaire, mais comme une mission durable dans un marché du travail en pleine évolution.

