LE FONDS AMIANTE
Le Fonds Amiante informe sur les dangers de l'amiante et les moyens d'y faire face. Il indemnise et conseille toutes les victimes de l'amiante exposées en Belgique : salariés du secteur privé, travailleurs indépendants, fonctionnaires et victimes environnementales.

Le Fonds amiante a été créé en 2007 dans le but de soutenir les victimes de l'amiante. Les personnes atteintes de certaines maladies liées à l'amiante et leurs proches ont droit à une indemnisation.
Le Fonds Amiante est géré par Fedris, l'Agence fédérale des risques professionnels.
Qui sont les victimes de l'amiante ?
Parmi les victimes reconnues, les hommes sont 7 fois plus représentés que les femmes.
La plupart des cas de maladie surviennent entre 65 et 85 ans.
Quelles sont les pathologies couvertes par le Fonds amiante ?Outre le mésothéliome, le Fonds amiante indemnise également les victimes d'autres maladies liées à l'amiante, telles que l'asbestose, l'épaississement pleural bilatéral diffus, le cancer du poumon, le cancer du larynx et le cancer de l'ovaire. Les deux premières maladies ont tendance à diminuer, tandis que les trois dernières n'ont été reconnues que récemment comme des maladies liées à l'amiante.
Mésotheliome
Le mésothéliome est un type de cancer causé par l'amiante. La plupart des victimes du mésothéliome sont confrontées à un cancer incurable. Dans les deux ans qui suivent le diagnostic, la grande majorité d'entre elles meurent de la maladie. Malheureusement, l'amiante a un effet latent, la maladie se manifestant souvent 30 à 40 ans après l'exposition aux fibres d'amiante. Chaque année, environ 300 personnes meurent d'un mésothéliome après avoir été exposées à l'amiante.

Maladies reconnues liées à l'amiante
L'asbestose montre une tendance à la baisse cette année.
Trois nouvelles affections ont été récemment reconnues : il s'agit du cancer du larynx, du cancer de l'ovaire et du cancer du poumon.
Pour le cancer du larynx, une seule reconnaissance a été enregistrée en 2025, et aucune pour le cancer de l'ovaire. Pour le cancer du poumon, on en compte 23.
Entre 2007 et 2025, le Fonds amiante a reconnu 5125 victimes de l'amiante, dont 3731 atteintes de mésothéliome.

219
MESOTHELIOME
En 2025, 219 victimes de l'amiante ont développé un mésothéliome.
Chaque année, le Fonds amiante reconnaît en moyenne 200 victimes de mésothéliome.

Sur les 219 victimes reconnues du mésothéliome, 115 ont été exposées professionnellement à l'amiante et 43 suite à l'environnement. Il s'agit souvent de personnes qui ont vécu à proximité d'une usine de traitement de l'amiante ou de membres de la famille qui ont travaillé dans de telles usines.
Les secteurs professionnels les plus touchés sont les entreprises de transformation de l'amiante brut, ainsi que les plombiers, les soudeurs, les métallurgistes, les ouvriers du bâtiment, les ouvriers des chantiers navals et les dockers.
En conversation avec le Fonds amiante
Depuis de nombreuses années, le Fonds amiante se tient aux côtés des victimes de l'amiante en Belgique, en assurant leur indemnisation ; il contribue également activement à la prévention des risques liés à l'exposition à ce matériau.
En 2025, le Fonds amiante a publié un nouveau rapport chiffré couvrant douze années d'activité. Ce rapport fait suite à une première évaluation de la période 2007–2012 et dresse un état des lieux clair de l'évolution du Fonds.
Que trouve-t-on exactement dans ce rapport ?
Tout ce que vous voulez savoir — et peut-être pas forcément — sur l'amiante en Belgique entre 2012 et 2024.
Par exemple ?
- Des chiffres sur les personnes touchées et l'évolution des maladies.
- Le nombre de demandes introduites. Le nombre de reconnaissances.
- L'âge, le sexe, les profils professionnels.
- Les expositions professionnelles et non professionnelles.
- Des comparaisons avec les données des registres du cancer.
En clair : qui l'amiante touche-t-elle encore aujourd'hui ?
De quelles maladies parle-t-on concrètement ?
Le mésothéliome, l'asbestose, le cancer du poumon, le cancer du larynx et, depuis 2022, le cancer de l'ovaire lié à une forte exposition. Certaines pathologies exigent une exposition cumulative importante ; pour le mésothéliome, le seuil est plus bas car même une exposition limitée comporte un risque significatif.
L'amiante ? Ce n'était pas un truc des années soixante ?
Si seulement. L'amiante n'a été totalement interdite en Belgique qu'en 2001. Et des maladies comme le mésothéliome peuvent apparaître quarante ans après l'exposition. Le passé est donc toujours bien présent dans les statistiques d'aujourd'hui.
L'action du fonds concerne uniquement les ouvriers de l'industrie lourde ?
Non. C'est justement la force du Fonds. Les indépendants, les fonctionnaires, les personnes vivant à proximité d'un site contaminé ou les conjoints de travailleurs exposés peuvent également introduire une demande.
L'amiante ne respectait pas les frontières professionnelles. Le Fonds non plus.
Et concernant le fonctionnement du Fonds ?
Le rapport explique quelles maladies sont indemnisables, quelles conditions s'appliquent, comment un dossier est traité, quels sont les délais moyens de décision et quels montants sont versés — y compris aux ayants droit.
Le fonds fait-il plus que verser des indemnités ?
Absolument. Le rapport aborde aussi l'accompagnement social, les visites à domicile, le point de contact téléphonique et numérique, les campagnes de prévention, la sensibilisation des médecins et des hôpitaux, la participation à Batibouw, ainsi que les outils d'information en ligne.
Le Fonds n'est pas seulement un mécanisme d'indemnisation, mais aussi un centre d'expertise.
En quoi le Fonds amiante propose‑t‑il une alternative au tribunal ?
Contrairement à une action en justice, le Fonds amiante propose une démarche plus simple. Il ne s'agit pas de désigner un responsable ou de prouver une faute. Les personnes concernées doivent uniquement montrer qu'elles souffrent d'une maladie reconnue par le Fonds et qu'elles ont été exposées à l'amiante en Belgique.
En retour, une indemnisation forfaitaire est accordée. Cette approche permet une prise en charge plus rapide, plus humaine et surtout mieux adaptée à des personnes souvent confrontées à une maladie grave.


