CONTRÔLE 

ASSUREURS

Chez Fedris, nous veillons chaque jour au respect rigoureux de la législation en matière d'accidents du travail. Concrètement, en quoi cela consiste-t-il ? Comment garantissons-nous que les victimes reçoivent le traitement adéquat ?

Quand intervenons-nous ?

Notre mission principale est de nous assurer que les règles relatives aux accidents du travail sont appliquées correctement. Les employeurs du secteur privé doivent faire appel à un assureur externe. Mais que se passe-t-il si la reconnaissance d'un accident comme accident du travail est refusé par l'assureur ou n'est pas indemnisé correctement? C'est là que nous intervenons !

" Nous vérifions si le refus est justifié et si toutes les procédures ont été respectées. Nous sommes également le point de contact pour les victimes, leurs ayants droit et toute autre personne ayant des questions sur les accidents du travail. " 

Accidents refusés 

Nous examinons les cas d'accidents refusés et effectuons des contrôles aléatoires. Chaque année, nous présentons un rapport détaillé de nos conclusions au comité de gestion des accidents du travail.

Controle

Composé d'inspecteurs sociaux et de médecins-inspecteurs, ce service veille au respect de la législation en matière d'accidents du travail, tant dans le secteur privé que public. Nous analysons les aspects médicaux, administratifs et financiers des accidents. Chaque année, un rapport est fourni aux assureurs sur les erreurs ou anomalies constatées dans la gestion des dossiers accidents du travail.

Les faits : qu'en est-il des chiffres ?

Tous les accidents du travail ne sont pas automatiquement reconnus. Parfois, l'assureur dit non et c'est alors que le service Accidents refusés de Fedris intervient. À la demande de la victime, de son représentant, ou de sa propre initiative (sur base d'échantillons), Fedris examine les dossiers en détail. ​

En 2025, Fedris a contrôlé 3.029 dossiers, répartis en trois catégories :

  • 2140 dossiers d'initiative

  • 465 dossiers non clôturés en 2024

  • Et 424 demandes d'intervention de victimes et de tiers.

Attention, ces chiffres sont provisoires : les chiffres définitifs seront publiés dans le rapport statistique des accidents du travail fin 2026.

% accidents refusés


Parmi ces 3.029 dossiers, 2.781 ont été clôturés. Dans 90,47 % des cas, les refus d'accidents étaient justifiés. Mais lorsque nous avons constaté une erreur, nous avons pu faire reconnaître l'accident par l'assureur dans 2/3 des cas.

Si un assureur persiste dans son refus, la victime peut saisir le tribunal du travail. Fedris peut également décider de porter le litige devant le tribunal, afin de faire reconnaître l'accident. 

Les travailleurs sociaux de Fedris : accompagnement après un accident du travail 

« Il y a une vie avant et une vie après l'accident » — sur le terrain avec l'assistante sociale Ellen De Neve

Le jeudi matin, les bureaux de Fedris à Bruxelles se remplissent lentement. Pas de bureau fixe pour Ellen De Neve, pas d'horaires stricts de neuf à cinq. Être assistante sociale à l'Agence fédérale des risques professionnels, c'est travailler avant tout hors des murs du bureau — dans des salons, des chambres d'hôpital et parfois entrer dans des vies brusquement mises à l'arrêt.  

« Une journée de travail typique n'existe pas vraiment », explique De Neve. Ce n'est pas de la modestie. C'est un constat.

Avec trois collègues néerlandophones et trois francophones, elle couvre une mosaïque de régions. Chacun a sa zone, ses dossiers, ses personnes. Ce sont des fonctions mobiles : visites à domicile, permanences, déplacements constants. Le télétravail est réservé à l'administration — les rapports qui suivent chaque visite, inévitables et nécessaires. Le jeudi fait exception : l'équipe se retrouve à Bruxelles. Pour se coordonner, préparer, et, comme le dit Ellen, « souffler un peu ». Car ce travail vous suit. 

Entre règles et réalité

Ellen et ses collègues sont souvent le premier point de contact pour les victimes d'un accident du travail. Elles sont à l'écoute des besoins, elles informent, elles expliquent. Sur les droits. Sur les procédures. Sur ce qui est — ou non — pris en charge.

« Nous allons surtout à la rencontre des gens pour écouter », dit-elle. «Pour vérifier que la gestion de l'accident se déroule correctement, mais aussi pour expliquer à quoi les personnes ont droit. »

Les questions sont rarement simples. Des semelles orthopédiques refusées au remboursement. Des incertitudes autour d'une déclaration. Des doutes concernant une maladie professionnelle. Parfois, les personnes n'ont même pas encore introduit de dossier et ont l'impression de se retrouver au début d'un véritable marathon administratif, sans mode d'emploi.

Dans ces cas-là, Ellen fait le relais en interne. Vers le service d'inspection, par exemple, qui peut vérifier si un assureur agit correctement. Elle assure ensuite le suivi. Toujours. Une forme d'ancrage dans un système qui ressemble souvent à un labyrinthe. 

L'impact invisible, des vies bouleversées  

Penser qu'un accident du travail s'arrête à la guérison physique, c'est passer à côté de l'essentiel. « On oublie souvent l'ampleur de l'impact », souligne Ellen. « Les séquelles permanentes n'affectent pas seulement le travail, mais aussi les tâches quotidiennes, les loisirs. Et cela touche toute la famille. »  

Elle l'entend souvent : il y a une vie avant et une vie après l'accident.

Certaines histoires marquent durablement. 

Comme celle de cet homme, paralysé entièrement à partir du cou. Il communiquait via un ordinateur, avec les yeux. « Il voulait absolument rester chez lui, avec sa famille, ses enfants. » Ses parents, tout juste retraités, sont devenus aidants du jour au lendemain. « Leur vie a complètement changé, elle aussi. » L'homme est depuis décédé ».

Ou cet autre, amputé des deux jambes. « Il est resté incroyablement positif. Il travaillait encore deux à trois jours par semaine. » Ce sont ces contrastes qui persistent : perte et résilience, souvent dans une même histoire. 

Naviguer dans la complexité

Les difficultés ne s'arrêtent pas à l'accident lui-même, mais à tout ce qui suit. Ou plutôt : à tout ce qui s'ajoute. « Pour les conséquences d'un accident du travail, il faut s'adresser à différentes instances », explique Ellen. « Une carte de stationnement via le SPF Sécurité sociale, des adaptations du logement via l'AVIQ… Les gens se heurtent à cet enchevêtrement. »

Et puis il y a la réalité financière. Les questions qui reviennent le plus souvent ? « La gestion de leur accident, mais aussi, très concrètement : comment vais-je payer tout cela ? »

« Les personnes qui ne parlent ni français ni anglais ne comprennent pas toujours ce qu'on leur explique. Ou ne parviennent pas à s'exprimer. Cela les rend particulièrement vulnérables. » Il en va de même pour les travailleurs peu qualifiés : moins d'accès à l'information, donc moins de prise sur leur dossier.

Le rôle de l'assistant social est essentiel pour accompagner, soutenir et répondre aux besoins spécifiques de ces personnes. C'est une réelle plus-value pour ce public vulnérable, qui n'est certainement pas toujours armé pour répondre aux questions administratives. 

Un système lent, un impact immédiat

Les frustrations ne visent pas un acteur en particulier, mais le système dans son ensemble. Un point sensible revient toutefois régulièrement : la communication. La communication avec les assureurs ne se déroule pas de manière fluide dans tous les dossiers. Pour certaines victimes, il n'est pas toujours évident d'identifier le bon interlocuteur, et le parcours peut parfois sembler plus long que prévu. Dans une vie brusquement mise sur pause, chaque délai pèse davantage.

Ce n'est pas une histoire de héros. Pas de sauvetages spectaculaires ni de grandes victoires. Le travail se joue dans des ajustements discrets : une explication, une intervention, une réponse. Et parfois, simplement : quelqu'un qui écoute.

Pourquoi Ellen aime-t-elle son métier ?

Ellen ne réfléchit pas longtemps. « La reconnaissance des gens, quand on peut les aider. » Cela semble simple. Et peut-être que ça l'est. Mais dans un système souvent perçu comme complexe et distant, c'est précisément cela qui fait la différence.